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Hypnose Ericksonienne |
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L’hypnose
médicale Ericksonienne , quel état de
conscience?
On définit souvent l’hypnose
comme «un état modifié de conscience»,
cependant nombreux sont ceux qui contestent, à
juste titre, cette définition. N’est-elle
pas plutôt l’expérience d’un
autre niveau de conscience «non pas rationnel,
analytique et influencé par la volonté,
mais au contraire, intuitif, plein de fantaisie et
centré sur le sensoriel»
Comme le dit F.Roustang, on peut distinguer deux consciences
ou deux niveaux de conscience:
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La conscience est dite consciente ou restreinte
car elle s’intéresse à un nombre
limité d’éléments de son
champ d’observation. |
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La conscience est dite inconsciente dans la mesure
où elle englobe l’ensemble des perceptions,
des souvenirs, des expériences diverses. Elle
est alors nommée conscience généralisée. |
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Comme différents
courants philosophiques et autres s’approprient
diversement le terme de conscience, F. Roustang préfère
les termes de vigilance restreinte et de vigilance
généralisée, en sachant
qu’il existe tous les degrés intermédiaires
possibles de vigilance.
L’état hypnotique pourrait ainsi se définir
par une expérience de vigilance généralisée.
On parle d’induction de l’hypnose pour
préciser ce passage de la vigilance restreinte
à la vigilance généralisée.
Ce passage, qui est toujours le fruit d’un accord
du patient, est favorisé par diverses techniques
utilisées par les thérapeutes. C’est
à l’occasion d’une transe,
terme conservé pour caractériser cet
état particulier, que le thérapeute
pourra user de la suggestion.
L’action du thérapeute a donc pour base
la profondeur de la veille généralisée.
Dans cette perspective, on peut admettre que l’hypnose
médicale puisse être considérée
comme un nouvel état de conscience.
Comme nous venons de le dire, la transe hypnotique
caractérise l’état «singulier»
de vigilance généralisée et nous
pourrions envisager, pour mieux cerner cet état,
d’en décrire certaines spécificités.
La transe centrée sur la personne
Cette transe hypnotique est rendue possible grâce
à une induction résultant
d’une focalisation de l’attention
du patient dans le cadre d’une attente
de ce dernier. Deux chemins s’offrent aux thérapeutes
pour provoquer une induction:
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Soit supprimer l’objet d’attention
pour proposer au patient de ne considérer que
le contexte et alors de le noyer dans l’observation
d’innombrables détails |
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Soit supprimer le contexte pour s’attacher
à une description de plus en plus fine de l’objet. |
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Toutes ces techniques
créent donc la confusion puis
la dissociation. Par dissociation
on entend la capacité à vivre en même
temps plusieurs expériences. Ainsi fidèle
à l’approche d’Erickson où
«le patient définit son monde»,
l’attention du patient ne peut-être sollicité
qu’à travers sa propre disposition.
Le rôle du thérapeute, quant à
lui, est de rester constamment attentif à ce
à quoi le patient est attentif et d’utiliser
à cette fin l’observation des communications
sensorielles.
L’art du thérapeute consiste donc à
être constamment centré sur le patient
auquel il est attentif, en le suivant. En plein respect
de sa personne, il n’intervient pas dans un
but correctif à priori, en dehors de tout contexte.
La transe hypnotique est entretenue à des fins
thérapeutiques grâce à la suggestion
Si la suggestibilité est un état naturel
de l’humain, sa pratique requiert la fonction
imaginative. Cette suggestion s’oriente
par rapport au vécu du patient et favorise
sa mobilisation des ressources.
En s’adaptant, en s’ajustant à
l’expérience de la transe, la suggestion
augmente le choix du sujet en élargissant son
rapport au monde.
Paul Watzlawick a défini la suggestion comme
un «message transmis avec intention d’influencer»,
en d’autres termes, c’est aussi «une
action de faire naître une idée, un sentiment,
un projet dans l’esprit de son interlocuteur»
Qu’elle soit directe, indirecte, verbale ou
non verbale, la suggestion permet le projet thérapeutique
en rapport avec les potentialités du patient.
Qu’est ce qui va donc favoriser la suggestibilité?
Bien sur, l’étape précédente,
la dissociation mais aussi ce qui a permis cette dernière,
l’attente donc la motivation. Une suggestion
sera d’autant mieux acceptée qu’elle
est déjà virtuelle
au patient. La répétition des propositions,
le contexte thérapeutique, le rôle soignant
du thérapeute sont autant d’éléments
favorisant l’efficacité de la suggestion.
Elle rend donc possible le changement,
la mobilisation d’une énergie thérapeutique
propre au soigné.
La transe hypnotique est au service du changement
L’hypnose clinique vise à obtenir des
effets thérapeutiques. Les différents
blocages observés par tous les médecins
et les thérapeutes après les thérapies
bien conduites, tournent globalement autour de l’impossibilité
du patient à changer.
Au cœur de la transe, avec et après le
temps de la «suggestion» décrite
précédemment, le recadrage
d’abord, l’ancrage ensuite
ouvrent la voie au changement.
Le recadrage en reformulant la situation où
la peur n’est plus la peur, le symptôme
n’est plus le même, il s’introduit
une possibilité de changement «même
le plus petit possible». Cette modification
même infime aura des conséquences à
long terme décisives.
L’ancrage, en fixant la sensation, en particulier
au niveau du corps, mémorise l’expérience
pour l’après.
La transe est donc une pratique ici et maintenant
du changement.
Comme le dit F. Roustang, «C’est l’occasion
de faire vivre autrement ce qui est vécu passivement»
et «de mettre en mouvement» le tout.
L’exercice médical tout entier (à
part peut-être la chirurgie, ce qui reste encore
à prouver au vu de l’observation des
suites post-opératoires), montre qu’on
ne guérit personne contre lui-même et
que la fixité des symptômes est la conséquence
d’un arrêt de tout mouvement dans
tout l’aspect métaphysique du terme.
La transe hypnotique est un apprentissage
Quand Victor Simon affirme que certains patients signalent,
lors de leur session d’hypnose, l’apparition
de sensations corporelles variées et variables,
sans pouvoir parfois mettre les mots qui les caractérisent,
on observe alors que le corps est au centre d’un
processus thérapeutique qui précède
l’amélioration ou la guérison.
Dans l’univers de suggestion où baigne
le patient, au cours de la transe et encore plus à
sa fin, le corps s’imprègne de nouvelles
sensations; l’appropriation de ce vécu
caractérise l’apprentissage. Il ne peut
exister d’apprentissage sans une pratique. La
transe est justement l’occasion de cette pratique.
Parce-que tout est possible dans l’instant,
le sillon des symptômes et des habitudes creusées
par des années de répétition
se retrouve mis entre parenthèse. Comme l’a
évoqué M.Erikson, le «symptôme
étant une ressource mal adaptée»,
il est nécessaire d’en changer un «élément
pour les suspendre et favoriser ainsi l’émergence
d’autres ressources»
Pratique, apprentissage, implication active
du patient qui ne subit plus, c’est passer de
la conscience du pion à la conscience du joueur.
Pour reprendre la formulation de F.Roustang «la
maladie étant le fait de l’impossibilité
des êtres vivants à être en mouvement»,
l’hypnose propose le «fais-le ! »
plutôt que le «explique-moi!»
On est donc loin de cette hypnose de foire où
le patient serait le jouet «d’un meneur
de jeu»
Dans l’hypnose Ericksonienne ou qui s’y
rattache, il y a peu de suggestion directe mais plutôt
un pouvoir d’évocation. Il permet une
autre compréhension de soi-même et offre
de nouvelles perspectives sur la vie. Laisser l’inconscient
et plus précisément les divers états
de conscience choisir, permet le contournement des
résistances du patient.
La clé de cette hypnose réside dans
le fait que le patient participe activement à
son état hypnotique et que dialoguent naturellement
les différents états de conscience ou
de vigilance restreinte et généralisée.
Ainsi, pour répondre à notre question
initiale, -l’hypnose médicale Ericksonienne,
quel état de conscience -, nous pouvons affirmer
que l’état de transe est un état
tout à fait normal de conscience:
on peut l’expérimenter chaque jour, à
certaines occasions (comme par exemple lors de la
conduite sur autoroute, en observant le défilement
de la ligne blanche latérale, il n’est
pas rare de perdre la notion du temps et des lieux).
Cet état que l’on assimile à de
la rêverie, est une transe véritable
dans laquelle la conscience oscille entre l’état
habituel ciblé sur un contexte précis
(la vigilance restreinte) et un autre état
plus global où d’autres informations,
sensations, perceptions, circulent librement (la vigilance
généralisée).
C’est à l’occasion de ce
«rêve éveillé» que
les ressources profondes de chacun sont mobilisées
pour une nouvelle harmonie.
Pour en savoir plus: François Roustang –
Qu’est-ce que l’hypnose? – Editions
de Minuit - 1994 |
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L'hypnose moderne
ou l'hypnose en alliance avec les ressources de chacun
La technique d’hypnose a traversé les âges
et les cultures en faisant appel à des méthodes
d’induction très variées et originales.
L’utilisation de l’hypnose dans les milieux
officiels a commencé au début du XXème
siècle, ce qui a permis sa reconnaissance comme
une méthode scientifiquement reproductible. Actuellement,
l’hypnose est une pratique médicale courante,
reconnue et enseignée dans un grand nombre d’universités
par le monde.
Plusieurs courants ont animé son évolution,
le dernier en date concernant le psychiatre américain
Milton H.Erickson (1901-1980), a abouti à la
Nouvelle Hypnose - ou hypnose éricksonienne –
largement pratiquée à ce jour. Son approche,
très innovante, se caractérise, comparée
à l’hypnose classique, par le refus d’influencer
directement le patient. Cette forme d’hypnose
se définit plus comme un «accompagnement»
de la personne qui, aidée par l’hypnothérapeute,
peut accéder aux ressources enfouies au profond
de lui-même et dont il n’a pas conscience.
Cette pratique, fondée par ailleurs sur la notion
de thérapie de courte durée (4 à
8 séances, en moyenne), insiste particulièrement
sur le respect de l’individu et de ses comportements
propres.
Ainsi le patient hypnotisé n’est pas sous
le contrôle du thérapeute qui l’obligerait
à faire des choses qu’il ne ferait pas
habituellement ou l’entraînerait à
révéler des secrets.
Rappelons que l’hypnose est un état
naturel que la majorité des personnes
peut atteindre; de plus, il faut être volontaire
et en confiance. L’expérience hypnotique
peut être comparée à l’état
de celui qui effectue un trajet en voiture ou en train,
à l’occasion duquel la conscience se suspend,
le temps et l’espace perdent leurs repères
habituels: le sujet est alors là et pas là
à la fois, dissocié dira-t-on.
Sans consentement ni empathie, l’état hypnotique
ne peut se déclencher et pendant une séance,
la personne n’est pas endormie, ne perd pas conscience
mais au contraire garde toute sa lucidité, son
sens critique, sa capacité de raisonnement et
son contact avec la réalité.
Parce que l’état hypnotique nous permet
d’accéder à un autre état
de conscience, il constitue une mine de ressources,
peu disponibles à l’état de veille
ordinaire. Il est ainsi mis à la disposition
du patient de nouvelles possibilités et capacités
qui vont lui permettre de changer les symptômes.
On retiendra les principales indications médicales
suivantes: |
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Les peurs sous toutes
ses formes: anxiété, troubles du sommeil,
troubles paniques et compulsifs, timidité, manque
de confiance en soi, stress, état de stress post-traumatique,
les troubles de la concentration, de l’attention,
angoisse d’examen, etc. |
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La douleur de tout type,
chronique ou aiguë, migraine,
céphalée de tension, les diverses douleurs
résiduelles post-traumatiques ou post-chirurgicales,
névralgiques, la fibromyalgie, etc. |
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La plupart des dysfonctionnements
appelés couramment psychosomatiques
comme par exemple ceux concernant la sphère allergique
cutanée ou respiratoire, les problèmes
dermatologiques et digestifs, les palpitations, les
troubles gynécologiques (dysménorrhées,
syndromes prémenstruels), la spasmophilie, les
jambes sans repos et toutes les affections dites de
civilisation où le patient est atteint d’un
mal être bien que tous les examens médicaux
soient normaux. |
L’hypnose peut aussi
s’envisager en accompagnement, comme complément
à tout autre traitement médical,
lorsqu’il existe une dimension émotionnelle
à la maladie.
Comment se déroule une séance d’hypnose?
«En se basant sur des techniques reconnues (fixation
du regard, de l’attention, sur une idée),
on obtient une induction, première phase de la
séance qui peut durer quelques minutes. Celle-ci
vise à obtenir une dissociation entre les perceptions
conscientes du monde extérieur et le fonctionnement
intérieur du patient. Ce dernier laisse sa vigilance
s’atténuer et lâche prise (fermeture
des paupières, relâchement musculaire,
respiration régulière, profonde et bien
rythmée, etc.). Ces signes indiquent qu’une
transe hypnotique est en cours. C’est à
ce moment que le thérapeute va accompagner son
patient en suggérant des consignes hypnotiques
basées sur la nature de la plainte, l’histoire
du patient et le but thérapeutique».
La séance est de durée variable en moyenne
50 minutes et se pratique de manière individuelle.
Ainsi, comme le dit François Roustang,
l’hypnose médicale, en modifiant le contexte
d’une habitude (le symptôme), en détruit
le ressort. |
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